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Tempête de janvier 2009


tempete-Klaus-2009
La tempête Klaus frappe le sud-ouest de l'Europe le 24 janvier 2009 à 10h
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La "tempête du siècle" était passée en décembre 1999... Moins de 10 ans après, une tempête comparable en intensité mais plus localisée dévaste le sud-ouest de la France, tuant une dizaine de personnes et causant des dégâts considérables.

Une tempête exceptionnelle

Après avoir causé de sérieux dommages en Espagne, Klaus, c'est ainsi que les services météorologiques allemands l'ont baptisé, a traversé le sud-ouest de la France le 24 janvier 2009 avec une violence exceptionnelle.
Selon Météo-France, son intensité est comparable à l'ouragan Martin qui a traversé le sud du pays le lundi 27 décembre 1999 avec des rafales comprises entre 130 et près de 200 km/h !

Origine et formation

Klaus, comme les tempêtes de 1999, est une dépression profonde (965 hPa) qui trouve son origine dans l'intensification du jet-stream.
Ces vents froid circulent d'ouest en est entre 200 et 300 km/h au-dessus de l'Atlantique à environ 10 000 m d'altitude et trouvent leurs origines dans les contrastes de températures entre le pôle et l'équateur, plus accentués l'hiver.
Ainsi, cette tempête ne correspond pas à une formation cyclonique à l'instar des puissants cyclones qui dévastent notamment chaque année les Caraïbes.
Ainsi, samedi 24 janvier 2009, des mouvements ascendants d'air chaud ont généré une dépression qui s'est très rapidement accentuée au contact des courant-jet, particulièrement bas en latitude.
Centrée sur les Charentes, cette dépression s'est accompagnée de rafales qui ont approché 170 km/h sur les côtes Atlantiques et dépassé 190 km/h sur le littoral Méditerranéen de l'Aude et des Pyrénées Orientales, tout en battant de nombreux records locaux, selon Météo-France.

Quelques valeurs de rafales de vent observées par Météo-France le 24 janvier 2009

Formiguères (Pyrénées Orientales) : 193 km/h (montagne)
Cap Béar (Pyrénées Orientales) : 191 km/h
Mont-Aigual (Gard) : 185 km/h
Perpignan (Pyrénées Orientales) : 184 km/h (record)
Saint-Paul-de-Fenouillet (Pyrénées Orientales) : 177 km/h (record)
Biscarosse (Landes) : 172 km/h (record)
Cap Ferret (Gironde): 172 km/h
Bordeaux (Gironde): 161 km/h (record)
Caunes-Minervois : 161 km/h
Vic-en-Bigorre (Hautes-Pyrénées) : 160 km/h
Narbonne (Aude) : 159 km/h (record)
Lézignan-Corbières (Aude) : 153 km/h
Pointe de Socoa (Pyrénées Atlantiques) : 152 km/h (record)
Leucate (Aude) : 152 km/h
Fraisse (Tarn) : 150 km/h
Saint-Félix de Lauragais (Haute-Garonne) : 150 km/h
Lahas (Gers) : 146 km/h
Granes (Aude) : 146 km/h
Mouthoumet (Aude) : 142 km/h
Mont-de-Marsan (Landes): 141 km/h (record depuis 1981)
Cazaux (Gironde): 141 km/h
Vives (Pyrénées Orientales) : 140 km/h
Créon Armagnac (Gers) : 138 km/h
Dax (Landes) : 137 km/h (record)
Savenes (Tarn et Garonne) : 137 km/h
Biarritz (Pyrénées Atlantique) : 136 km/h (record)
Rion des Landes (Landes) : 133 km/h
Béziers (Hérault) : 133 km/h
Pau (Pyrénées Atlantique) : 131 km/h
Peyrusse (Gers) : 131 km/h
Condom (Gers) : 126 km/h
Saint-Girons (Ariège) : 127 km/h
Toulouse (Haute-Garonne) : 126 km/h
Agen (Lot-et-Garonne) : 122 km/h


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Tempête du 24 janvier 2009, trajectoire du centre de la dépression.
Crédit : Météo-France<

Une dizaine de morts et des dégâts considérables

Selon la Sécurité civile, les victimes directes et indirectes de cette tempête sont de 11 en France à cause de chutes d'arbres, d'objets mais aussi d'intoxication au monoxyde de carbone dans l'usage de groupes électrogènes et des pannes d'appareils d'assistance respiratoire provoquées par des coupures d'électricité.
Les dégâts sont considérables sur le sud-ouest de la France, notamment dans les départements des Landes et des Pyrénées-Atlantiques.
Les infrastructures de transport, de communication, de distribution de l'électricité, de l'eau et du téléphone ont été particulièrement touchés.
Des milliers d'habitations, d'entreprises sont sinistrées, des arbres centenaires ont été déracinés...

L'électricité

Au plus fort de la crise, plus de 2 millions de foyers ont été privés d'électricité.
Mardi 27 janvier, plus de 350 000 foyers restaient sans électricité selon Electricité Réseau Distribution France (ERDF).
Alors qu'il avait fallu plus de trois semaines en 1999 pour rétablir l'électricité, EDF et RTE ont fortement mobilisé leur personnel pour que l'ensemble du réseau soit opérationnel en une semaine.
A ce titre, plus de 3 500 agents provenant de toute la France (et même de La Martinique), soutenus par des équipes européennes sont à l'oeuvre.
Selon RTE, une grande partie du réseau à très haute et à haute tension affecté par la tempête dans le Sud de la France est maintenant à nouveau opérationnel.

Le téléphone

Les dégâts sont considérables selon l'opérateur historique France Télécom qui s'est également mobilisé pour rétablir les liaisons fixes interrompues pour 350 000 clients au lendemain de la tempête.
Près de 4 000 techniciens d'intervention de France Télécom sont sur le terrain dans les trois régions concernées : Aquitaine, Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon.
Mardi 27 janvier, la situation sur les services fixes et haut débit s'est améliorée avec le rétablissement de plus de 200 000 lignes dans les dernières 48 heures, principalement grâce au retour de l'énergie sur la plupart des sites techniques.
France Télécom a installé depuis 48 heures près de 250 groupes électrogènes mobiles.
Le nombre de relais mobiles Orange hors service a diminué de moitié. Il est passé de 1000 à 480 (12 % du nombre total de sites sur la zone).

L'eau

Les coupures d'électricité affectent immédiatement la distribution de l'eau potable, au robinet des habitants, avec le débit habituel, en effet, les usines de production d'eau potable comme les stations de pompages qui acheminent l'eau ont besoin d'énergie.
Lyonnaise des Eaux a notamment renforcé de plus de 500 personnes ses équipes d'astreinte de ses cinq centres régionaux situés dans le Pays Basque, en Midi Pyrénées, à Bordeaux, en Guyenne ainsi qu'en Languedoc Roussillon.
De plus, la compagnie s'est heurtée aux routes bloqués, aux arbres tombés qui ont entraîné des ruptures de canalisation et aux moyens de communication coupés.
Mardi 27 janvier, l'ensemble des stations de pompage et des châteaux d'eau des Landes sont de nouveau alimentés en électricité, "par raccordement au réseau ou à des groupes électrogènes", d'après la préfecture du département. Cependant, en raison de ruptures de canalisations ou de fuites, certaines communes ou habitations isolées ne sont pas encore desservies, indique le directeur de cabinet du préfet des Landes, Serge Gonzales.

Les transports

Au lendemain de la tempête, les avions sont restés cloués au sol et la circulation des trains totalement interrompu dans les régions Aquitaine, Midi-Pyrénées et dans les départements de l'Aude et des Pyrénées-Orientales.
Depuis, des milliers de personnes sont mobilisées pour dégager et nettoyer les routes, avec l'aide de l'armée appelée en renfort.
Guillaume Pépy, le président de la SNCF, a parlé "d'images de guerre" pour commenter les ravages constatés sur les lignes du réseau ferroviaire.
"Nous avons affaire à de très gros dégâts, 1 500 kilomètres de voies sur lesquelles il y a des arbres arrachés et de l'alimentation électrique qui a disparu", a-t-il déclaré depuis Morcenx, dans les Landes, dimanche.
Mardi 27 janvier, le trafic est rétabli sur les grands axes ferroviaires et routiers mais de nombreux axes secondaires restent encore encombrés par des chutes d'arbres et de caténaires, des éboulements et des crues.
Le réseau routier est globalement ouvert à la circulation mais 45 sections de routes pouvant atteindre jusqu'à cinq kilomètres restaient fermées lundi soir.

L'école

Les écoles, collèges et lycées étaient restés fermés lundi dans les Pyrénées-Orientales, la Haute-Garonne, les Landes, le Lot-et-Garonne et la Gironde, à l'exception de Bordeaux. Mardi 27 janvier, la plupart des établissements scolaires ont pu rouvrir dans le Sud-Ouest même si les transports scolaires sont restés interdits en raison des difficultés de circulation dans certaines zones.

Le massif forestier des Landes dévasté

La plus grande forêt d'Europe a subi de plein fouet la violence de la tempête même si les zones sinistrées sont plus localisées qu'en décembre 1999.
« Il semble qu'on ait plus de 60 % de dégâts dans les Landes, a indiqué Eric Dumontet, secrétaire général adjoint du Syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest, évoquant une « catastrophe » pour une filière déjà en crise et qui se remettait tout juste de la tempête de 1999.
Le ministre de l'Agriculture, Michel Barnier, va proposer la mise en oeuvre d'un « plan global » en faveur des forêts « permettant d'assurer la récupération des bois abattus, le stockage et la valorisation de ces bois (et) d'organiser la reconstitution du patrimoine forestier », a annoncé dimanche soir le ministère.
Selon l'ONF, Le massif des Landes, planté au XIXe siècle et propriété d'entreprises privées, est majoritairement constitué de pins maritime, qui sert notamment à faire du papier.
Il faudra patienter de 60 à 80 ans avant que la forêt ne se reconstitue. Dans la vallée de la Garonne aussi, les dégâts sont importants.
Beaucoup de plantations de peupliers et d¹arbres d'alignement ont été cassés. Les contreforts pyrénéens, où il y a pas mal de forêts publiques, ont été relativement épargnés.
Les sylviculteurs craignent un bilan encore plus dramatique qu'en décembre 1999, où environ 150 000 hectares de forêt avaient été détruits. 40 millions de m3 de bois sont à terre dont 700 000 m3 de peupliers exploités par la profession.

Premières estimations financières

Selon la fédération française des sociétés d'assurances (FFSA), le coût de la tempête "se chiffrera à plusieurs centaines de millions d'euros", a déclaré Jean-François Lequoy, délégué général de la FFSA, lors d'une conférence de presse.
Le travail de recensement des dégâts ne fait que commencer mais une première estimation provisoire table sur un coût "supérieur à 600 millions d'euros".
Il s'agit d'une estimation basée sur les des dégâts assurés causés aux particuliers et aux entreprises par les effets du vent. Les dégâts causés par l'eau (débordement de rivières, dommages causés par les vagues) pourraient encore alourdir la facture.
En tout cas, les dégâts devraient coûter beaucoup moins que ceux générés par les cyclones Lothar et Martin en décembre 1999 (6,8 milliards d'euros de dégâts assurés).
En effet, la tempête de 1999 "avait coûté 7 milliards d'euros mais c'était un événement de bien plus grand ampleur car 30 départements avaient été touchés et les vents avaient pénétré plus loin dans les terres", a souligné M. Lequoy.

Une tempête annonciatrice des changements climatiques ?

Pour la première fois depuis la mise en place de la Vigilance météorologique, le niveau rouge (niveau maximum) a été activé pour une tempête (phénomène « vents forts ») pour 9 départements.
Là aussi, cette prévention a été mise en place en octobre 2001 pour tirer les leçons des tempêtes de 1999.

Les prévisions formulées par le Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC) concernant les changements climatiques induits par les activités humaines font état de phénomènes météorologiques plus violents et plus nombreux.
Or, ce qui est inquiétant, c'est la puissance et l'occurrence de cette nouvelle tempête, moins de 10 ans après celle de 1999 pourtant baptisée la « tempête du siècle ».
A ce titre, le climatologue français Jean Jouzel, vice-président du GIEC a relevé une "cohérence" entre l'intensité de la tempête Klaus et les prévisions sur le changement climatique.
"La question de l'intensité (des phénomènes extrêmes, ndlr) reste une des caractéristiques du changement climatique. En l'occurrence, cette tempête qui semble avoir été particulièrement intense est conforme aux observations et aux prévisions", a déclaré Jean Jouzel.
"Mais a priori, a-t-il ajouté, cette plus forte intensité des tempêtes extra-tropicales, on l'attend davantage sur le nord de l'Europe, les îles britanniques par exemple. Or là, elle est passée sur le sud (...)
A ce stade, on ne franchit pas le pas de dire que cette tempête peut être attribuée aux activités humaines, mais il y a une certaine cohérence dans les observations et avec ce qu'on attend en augmentation de l'intensité", a-t-il souligné.

Source : Notre planete.info



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